Call for papers (Fristverlängerung): Ressources naturelles, ressources culturelles : écopoétiques des littératures françaises et francophones contemporaines (Frankoromanistiktag 2026, Kassel)
Stadt: Kassel
Frist: 2026-02-26
Beginn: 2026-09-29
Ende: 2026-10-02
URL: https://francoromanistes.de/literaturwissenschaft-sektionen-kassel/
Call for papers: Ressources naturelles, ressources culturelles : écopoétiques des littératures françaises et francophones contemporaines
littérature/Literaturwissenschaft
Ces dernières années, l’écologie et la durabilité ont fait leur entrée remarquée dans les études littéraires et culturelles françaises, sous les appellations d’« écocritique » ou d’« écopoétique ». Ce champ de recherche dynamique s’est particulièrement intéressé aux ressources naturelles, à leur mise en danger et à leur protection (cf. Schoentjes 2015, Posthumus 2017, Barontini et al. 2022, Buekens 2022a). Pourtant, les littératures et cultures francophones situées au-delà de l’Hexagone demeurent encore peu explorées dans cette perspective – une lacune d’autant plus surprenante que leur ancrage dans d’anciennes colonies françaises, souvent riches en ressources, rend cette approche particulièrement pertinente (cf. Boizette et al. 2021).
À y regarder de plus près, les littératures francophones contemporaines issues notamment de l’Afrique subsaharienne et du Québec se révèlent très attentives aux enjeux écologiques actuels. Inscrites dans les esthétiques et les théories postcoloniales et décoloniales, elles interrogent en profondeur les problématiques de l’Anthropocène (cf. Lassi 2023, Buekens 2025). Ces textes abordent de manière récurrente les questions liées aux ressources – leur exploitation, leur surexploitation ou leur sauvegarde – tant dans le cadre d’une réflexion sur la domination coloniale que dans celui des cosmologies autochtones, où la terre, les minéraux, l’air, l’eau, la faune et la flore occupent une place centrale.
Certains motifs – comme les arbres ou la forêt (vierge) – jouent un rôle symbolique et narratif majeur dans nombre d’œuvres littéraires, jusqu’à acquérir parfois une agentivité propre. Citons, à titre d’exemples, La saison des ombres (2013) de Léonora Miano, Congo Inc. Le testament de Bismarck (2014) d’Inkoli Jean Bofane, Ulmus Americana (2021) d’Antoine Desjardins ou encore Bois de fer (2022) de Mireille Gagné. D’autres textes, tels que Petroleum de Bessora (2004), mettent l’accent sur l’exploitation des ressources naturelles et ses conséquences dans les sociétés postcoloniales.
Nous proposons d’aborder les littératures francophones contemporaines à travers une double acception de la notion de ressource. Outre les ressources dites « naturelles », nous souhaitons interroger les ressources « culturelles » : traditions orales et écrites, langues autochtones ou allochtones, récits fondateurs, cosmogonies. Dans une perspective écocritique, ces ressources culturelles apparaissent indissociables des ressources naturelles. Elles constituent non seulement leur complément ou leur contrepoint, mais sont tout aussi vulnérables.
Cette vulnérabilité est particulièrement sensible dans la représentation de la nourriture, souvent investie d’une forte charge sémiotique : marqueur d’ethnicité (parfois stéréotypé), d’hybridité ou de transculturalité, elle sert également à figurer les rapports d’exploitation – qu’ils soient interpersonnels, sociaux ou mondiaux.
Dans cette section, nous nous attacherons à analyser les interdépendances entre ressources naturelles et culturelles, en particulier dans des contextes interculturels ou à la lumière des théories postcoloniales. Il ne s’agira pas uniquement d’examiner les occurrences thématiques des ressources dans les textes, mais de valoriser l’élaboration esthétique de ces représentations, en recourant à une terminologie littéraire appropriée.
Quelques axes de réflexion possibles :
- Quelles ressources naturelles et culturelles sont mobilisées dans les textes ? Dans quels contextes sociopolitiques ou écologiques (constructifs/destructeurs) sont-elles inscrites ?
- Quel rôle jouent, dans cette perspective, les récits coloniaux, postcoloniaux ou décoloniaux ?
- Y a-t-il des références explicites ou implicites à des discours écocritiques ou écopoétiques, à la notion d’Anthropocène, ou à d’autres discours contemporains similaires ?
- Quels procédés littéraires permettent de figurer ces ressources ? La narration elle-même peut-elle être pensée comme une ressource, voire comme un mode de production ou de transformation des ressources ? Et si oui, à quelles finalités – esthétiques, sociales, politiques – répond-elle ?
- Dans quelle mesure la littérature cherche-t-elle à déconstruire, par des moyens spécifiques, l’idée anthropocentrique de la « nature » en tant que ressource ?
- Peut-on repérer des tentatives de mise en récit d’une perspective non-humaine, voire d’attribution d’une agentivité propre à la « nature » (cf. Buekens 2022b) ?
- Comment certains motifs, tels que celui de la nourriture, jouent-ils un rôle d’interface entre « culture » et « nature » ? En quoi permettent-ils de figurer des tensions autour de l’exploitation ou de la raréfaction des ressources ?
Nous demandons des propositions de contribution en allemand ou en français, les résumés n’excédant pas 500 mots (bibliographie exclue). La soumission des résumés se fait à l’aide du formulaire ci-joint. Veuillez envoyer votre proposition jusqu’au 26 février 2026 (date limite) aux adresses suivantes : c.ott@em.uni-frankfurt.de; christina.schaefer@romanistik.uni-kiel.de
Les notifications d’acceptation seront envoyées avant le 28 février 2026.
Bibliographie
BARONTINI Riccardo, BUEKENS Sara et SCHOENTJES Pierre (dir.), L’Horizon écologique des fictions contemporaines, Genève, Droz, 2022.
BOIZETTE Pierre, GARNIER Xavier, LEFILLEUL Alice et RIVA Silvia (dir.), « Écopoétiques décoloniales », Littérature 2021:1 (no. 201 : « Zones à dire. Pour une écopoétique transculturelle », dossier coordonné par Le Collectif ZoneZadir), pp. 66-81; https://doi.org/10.3917/litt.201.0066.
BUEKENS Sara, Écologies littéraires africaines. L’imaginaire de l’environnement dans la littérature francophone postcoloniale, Leiden et Boston, Brill, 2025.
BUEKENS Sara, Émergence d’une littérature environnementale. Gary, Gascar, Gracq, Le Clézio, Genève, Droz, 2022 (=2022a).
BUEKENS Sara, « Raconter l’Anthropocène. Le réalisme magique comme mimèsis », Ecozon@, vol. 13 no 2, 2022 (=2022b) ; disponible en ligne : https://ecozona.eu/issue/view/242.
LASSI Étienne-Marie, Cohabiter l’espace postcolonial: écologie du roman africain francophone, Leiden, Brill, 2023.
POSTHUMUS Stéphanie, French Ecocritique: Reading Contemporary French Theory and Fiction Ecologically, Toronto, University of Toronto Press, 2017.
SCHOENTJES Pierre, Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique, Marseille, Wildproject, 2015.
Natürliche Ressourcen, kulturelle Ressourcen: Ökopoetiken der französischen und frankophonen Gegenwartsliteraturen
Ökologie und Nachhaltigkeit haben in den vergangenen Jahren unter Begriffen wie ecocriticism, écocritique oder écopoétique in der französischen Literatur- und Kulturwissenschaft Einzug gehalten und ein neues, lebendiges Forschungsfeld etabliert, welches sich mit ökologischen Themen wie der Bedrohung und dem Schutz der natürlichen Ressourcen befasst (vgl. SCHOENTJES 2015, POSTHUMUS 2017, BARONTINI et al. 2022, BUEKENS 2022a). Noch vergleichsweise wenig Beachtung haben dabei bislang die französischsprachigen Literaturen und Kulturen jenseits des Hexagone erfahren, obwohl doch deren Verankerung in den ehemaligen französischen Kolonien die Beschäftigung mit dem Thema aufgrund ihres Ressourcenreichtums besonders naheliegend macht (vgl. BOIZETTE et al. 2021). Speziell die frankophonen Gegenwartsliteraturen aus Subsahara-Afrika und Québec zeigen sich mit ökologischen Fragestellungen beschäftigt und reflektieren die Probleme des Anthropozän im Kontext postkolonialer und dekolonialer Ästhetik und Theoriebildung (vgl. LASSI 2023, BUEKENS 2025). Dabei befassen sie sich immer wieder mit der Problematik der Ressourcen, ihrer Ausbeutung und ihrem Schutz –, und zwar sowohl im Zuge der Aufarbeitung kolonialer Herrschaft und Ausbeutung als auch im Kontext des traditionell hohen Stellenwertes, den Erde und Bodenschätze, Luft und Wasser, Pflanzen und Tiere in indigenen Kulturen genießen. Ein prominentes Beispiel sind Bäume und (Ur)Wald, die in vielen Texten aus diesen Regionen eine zentrale Rolle spielen und teilweise den Status von Akteuren erhalten, z.B. in Léonora Mianos La saison des ombres (2013), Inkoli Jean Bofanes Congo Inc. Le testament de Bismarck (2014), Antoine Desjardins’ „Ulmus Americana“ (2021) oder Mireille Gagnés Bois de fer (2022). Weitere Texte thematisieren die Ausbeutung von Bodenschätzen und ihre Auswirkung auf postkoloniale Gesellschaften, so etwa Bessoras Petroleum (2004).
Die Sektion möchte die frankophonen Literaturen der Gegenwart unter einem doppelten Begriff der Ressource beleuchten: Neben den ‚natürlichen’ sollen auch ‚kulturelle’ Ressourcen (z.B. orale und schriftliche Traditionen, autochthone und allochthone Sprachen, Erzählungen und Kosmogonien) fokussiert werden. Aus ökokritischer Perspektive sind die kulturellen nicht von den natürlichen Ressourcen zu trennen und erscheinen in den literarischen Texten entsprechend regelmäßig als Kontrapunkt und/oder Komplement zu letzteren und kaum weniger fragil als diese. Dies gilt in besonderer Weise für die Thematik und die Semiotik der Nahrung, die nicht selten als (bisweilen klischeebehafteter) Marker von Ethnizität und/oder Transkulturalität eingesetzt wird, zugleich aber auch interpersonelle, soziale oder globale Ausbeutungsverhältnisse zum Ausdruck bringen kann. In der Sektionsarbeit wird es darum gehen, die komplexen Verflechtungen und Interdependenzen natürlicher und kultureller Ressourcen speziell vor dem Hintergrund interkultureller Kontexte und postkolonialer Theorien zu untersuchen. Im Mittelpunkt sollen dabei keineswegs nur thematische Evokationen von Ressourcen stehen, sondern Ziel der gemeinsamen Arbeit ist es insbesondere, den ästhetischen ‚Mehrwert’ der literarischen Beschäftigung mit Ressourcen herauszustellen und in geeigneter fachsprachlicher Terminologie zu beschreiben.
Mögliche Fragen lauten:
- Welche natürlichen und kulturellen Ressourcen werden im literarischen Text erwähnt, und in welche (konstruktiven/destruktiven) soziopolitischen und ökologischen Zusammenhänge werden sie gerückt?
- Welche Rolle spielen in diesem Kontext koloniale, dekoloniale oder postkoloniale Theorien und Narrative?
- Gibt es explizite oder implizite Bezugnahmen auf spezifische, z.B. ökokritische /ökopoetische Diskurse, die Anthropozän-Debatte oder vergleichbare aktuelle Diskurse?
- Mit welchen konkreten literarischen Mitteln werden die Ressourcen evoziert? Lässt sich in diesem Zusammenhang das Erzählen oder (literarische) Schreiben selbst als Ressource(nbildung) verstehen? Wenn ja, wozu dient sie, wie ist sie politisch, sozial, ästhetisch o.ä. funktionalisiert?
- Inwiefern wird andererseits durch spezifisch literarische Mittel versucht, anthropozentrische Implikationen der Betrachtung von ‚Natur’ als Ressource zu konterkarieren?
- Lassen sich beispielsweise Versuche feststellen, mit literarischen Mitteln eine nicht- menschliche Perspektive zu inszenieren, der ‚Natur’ eine eigene Agentivität („agentivité“) zuzuschreiben (vgl. in diesem Sinne z.B. Buekens 2022b)?
- Inwiefern kommt gewissen Thematiken und Semiotiken (z.B. der der Nahrung) die Rolle einer zwischen ‚Kultur’ und ‚Natur’ vermittelnden Instanz oder aber einer Ausbeutungsrelationen oder Ressourcenknappheit emphatisierenden Chiffre zu?
Wir bitten um Vortragsvorschläge in dt. oder frz. Sprache mit einer Länge von höchstens 500 Wörtern (zzgl. Bibliographie) bis zum 26.2.2026 an die folgenden Adressen: c.ott@em.uni-frankfurt.de; christina.schaefer@romanistik.uni-kiel.de . Für die Einreichungen bitten wir die beigefügte Vorlage zu verwenden. Über die Annahme der Beiträge wird bis zum 28. Februar 2026 informiert.
Auswahlbibliographie:
BARONTINI Riccardo, BUEKENS Sara et SCHOENTJES Pierre (dir.), L’Horizon écologique des fictions contemporaines, Genève, Droz, 2022.
BOIZETTE Pierre, GARNIER Xavier, LEFILLEUL Alice et RIVA Silvia (dir.), « Écopoétiques décoloniales », Littérature 2021:1 (no. 201 : « Zones à dire. Pour une écopoétique transculturelle », dossier coordonné par Le Collectif ZoneZadir), pp. 66-81; https://doi.org/10.3917/litt.201.0066.
BUEKENS Sara, Écologies littéraires africaines. L’imaginaire de l’environnement dans la littérature francophone postcoloniale, Leiden et Boston, Brill, 2025.
BUEKENS Sara, Émergence d’une littérature environnementale. Gary, Gascar, Gracq, Le Clézio, Genève, Droz, 2022 (=2022a).
BUEKENS Sara, « Raconter l’Anthropocène. Le réalisme magique comme mimèsis », Ecozon@, vol. 13 no 2, 2022 (=2022b) ; disponible en ligne : https://ecozona.eu/issue/view/242.
LASSI Étienne-Marie, Cohabiter l’espace postcolonial: écologie du roman africain francophone, Leiden, Brill, 2023.
POSTHUMUS Stéphanie, French Ecocritique: Reading Contemporary French Theory and Fiction Ecologically, Toronto, University of Toronto Press, 2017.
SCHOENTJES Pierre, Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique, Marseille, Wildproject, 2015.
Beitrag von: Simon Prahl
Redaktion: Robert Hesselbach